« Dans l’obscurité de la scène, une boule lumineuse virevolte sur elle-même et engendre bientôt, dans un flot d’inscriptions codées, une première créature vêtue de noir et blanc. Celle-ci rejoint ses machines, ose un Joséphine d’Alain Bashung, et plus rien ne s’oppose ni à la nuit ni au spectacle. Tout se justifie. Le spectateur entre dans une autre sphère ; un deuxième personnage en sort, qui interprète Rive gauche à la guitare. Adieu mon pays, bonjour Mixe France lorsque Booba s’immisce dans la chanson d’Alain Souchon. 

Si Boris Vian ça s’écrit à la trompette, ce spectacle s’écrit lui à la plume du contraste. Une perte de repères finement orchestrée par Antonin Pierre et Jean-Christophe Baudouin, qui tour à tour passent à la moulinette d’improbables associations musicales. Michel Berger avec PNL, Claude François et Céline Dion avec Aya Nakamura, Elli Medeiros avec Stromae, Katerine et Jul. Voilà, c’est ça Mixe France. Toujours là où on ne l’attend pas. 

Tandis que des paroles de chansons continuent de s’entrechoquer sur les écrans vidéos postés derrière les protagonistes, les morceaux, phrases ou mélodies se culbutent dans un entrelacs de réjouissantes surprises. On scande avec un flot de rappeur Est-ce que les hommes naissent égaux en droit de Maxime Le Forestier. On fredonne qu’on veut tes yeux sur Trop beau, une chanson empruntée à Lomepal. Et ça marche. On se prend même à taper des mains sur Tchikita… » 

©Sylvain Chantal 

Distribution :
– Jean Christophe BAUDOUIN : batterie, machines, MAO
– Antonin PIERRE : chants, guitares, machines
– Mickaël LAFONTAINE : créateur vidéo
– Jean Marie FARGES : régie vidéo et lumière
– Lise MARAIS : metteuse en scène
– Erwan BELLAND : conception scénique et décor