Moon Gogo est le surprenant attelage d’une virtuose de geomungo, instrument coréen millénaire, et d’un chanteur et songwriter qui connaît son affaire.

D’un côté donc, E’Joung-ju, musicienne classique qui fait claquer, gémir ou murmurer les six longues cordes de son instrument. Parfois surnommé « Chef des cent musiques », le geomungo est tour à tour tonnerre menaçant, suave plainte ou groove entêtant. De l’autre, Federico Pellegrini, claviers à un doigt, guitare à pas beaucoup plus, hyperfuzz au pied quand il le faut, et surtout, chant ductile, de ceux qui vous emportent en trois inflexions.

« Joy » est le nom donné à ce second LP et se comprend comme une antiphrase, tant les émotions qu’on y berce, doucement ou vigoureusement, nous en éloigne (… de la joie). On y entendra un hymne à l’industrie nord-coréenne transformé en éruption de pure rage dans « Chulgang (Nowhere at a Time) », on fera un ou deux tours de dancefloor sarcastique avec « Joy » et « Sally’s Gone », on se laissera porter par des ballades orientales transmuées en murmure hip-hop obsessionnel sur « Hangukae dal (My Rihanna) » ou en ressac psychédélique avec les 9’24 de « You Say I ». Neuf titres en tout, qui forment un territoire unique et jusque-là inexploré.

Découvrez  » JOY » le 1er extrait en clip :